Corée du SudFrench Korean Chamber of Commerce and Industry

Corée du Sud

Actualité du Bataillon Français

mai 2009 - Commémoration à Chipyong-ni
(résumé dans le Corée Affaires n.79 juin-août)

La communauté française et les autorités coréennes ont commémoré le 14 mai les combats du Bataillon Français à Chipyong-ni (comté de Yangpyong), qui se déroulèrent en février 1951. Les activités étaient organisées par l’association coréenne pour la mémoire de la participation française à la guerre de Corée, l’ambassade de France et la 20° division d’infanterie coréenne.

Plus de 400 personnes ont assisté à la cérémonie militaire, en présence des autorités civiles et de l’ambassade de France, des représentants des ministères de la défense et des Vétérans et Patriotes, ainsi que et des commandants du 2° corps d’armée, de la 20° division, de généraux du Commandement des Nations-Unies dont nous sommes membres, et de la 2° division américaine.

Plusieurs officiers coréens francophones, dont des Saint-Cyriens, ont participé à la journée. Ils entouraient des combattants de la guerre de Corée ; cinq d’entre eux étaient soldats au Bataillon Français.

Une dizaine d’entreprises, françaises avec Michelin et Thalès, et coréennes, s’étaient associées à l’activité où la Chambre de commerce et d’industrie franco-coréenne était également représentée.

Cette cérémonie fut le point de départ d’une journée organisée essentiellement au profit du lycée Français de Séoul, qui entretient un partenariat particulièrement riche avec la 20° division, et des écoles françaises et coréennes participantes. Des bourses de soutien ont été distribuées à des élèves de Chipyong-ni.

Un déjeuner commun offert en cantine militaire suivi d’une présentation de matériels militaires et d’un déplacement en engin blindé a donné aux élèves un aperçu la vie des soldats du service national et permis d’échanger avec eux. La journée s’est conclue par la visite commentée du site des combats de Twin-Tunnels.

Partant de la relation de mémoire, le programme élaboré avec le Lycée Français se veut un support à la réflexion des jeunes sur la formation civique et l’esprit citoyen, sur l’histoire et le lien armée-nation, tout en contribuant à une meilleure connaissance de l’environnement coréen. Il est aussi un soutien efficace au développement de la francophonie au sein des unités militaires partenaires.

Le ministère de la défense coréen, représenté par une délégation importante qui se rendait début juin en Normandie, a décidé de faire de Chipyong-ni, à partir des positions françaises, l’une des trois cérémonies officielles des grandes commémorations anniversaire de 2010.

février 2009 - Du Pays du matin calme au Pays des soviets
lien internet (blog de Maître Gilbert Collard)

Savez-vous que tout récemment, au cimetière d’Abrest, quelques bonnes âmes ont fait remettre en état la tombe d’un jeune combattant de 22 ans tué en septembre 1951 en Corée ?

Le souvenir du sacrifice de ce jeune héros semblait à jamais perdu, enfoui au fin fond des oubliettes d’une Histoire qui semble devenir de plus en plus sélective.

En effet, qui se souvient aujourd’hui encore de la guerre de Corée et des quelques trois mille volontaires français qui se battirent là-bas durant trois ans, de 1950 à 1953, contre les troupes communistes chinoises et nord coréennes, laissant 264 tués et plus de 1350 blessés ?

La mémoire partagée

C’est pour honorer la mémoire de ces combattants de la Liberté que Jean-Marie BOCKEL, secrétaire d’état chargé de la Défense et des Anciens Combattants auprès du ministre de la Défense, a souhaité accompagner une délégation d’anciens du Bataillon de Corée de retour sur les lieux de leurs batailles. Des combats terriblement meurtriers finissant bien souvent au corps à corps. C’est à l’initiative de leur président d’association, Patrick BEAUDOUIN, député-maire UMP de Saint-Mandé, que la France et la Corée réalisent depuis l’an dernier le « Chemin de la mémoire ».

Il s’agit d’inaugurer, en application d’une convention de « la mémoire partagée », des monuments commémoratifs sur les lieux même des combats auxquels participèrent les volontaires du Bataillon Français de l’ONU. De 1951 à 1953, dans des combats terriblement meurtriers finissant bien souvent au corps à corps, les Français ne reculèrent jamais sur les positions qui leurs étaient confiées par l’état major des troupes de l’ONU. Ils firent l’admiration de tous et reçurent de nombreuses distinctions. Le Bataillon Français fût cité quatre fois à l’ordre de l’Armée, reçut trois citations présidentielles américaines et deux citations présidentielles coréennes, fait unique dans l’histoire militaire française.*

En septembre 2007, une délégation de vétérans a inauguré les monuments des combats de Twin-Tunnels, Chipyong-Ni, Hongchon, Kapyong et « Crèvecœur ». Cette année, ceux de Putchaetul et de Arrow-Head sont à l’honneur. Pour terminer ce chemin de la mémoire, il est prévu d’inaugurer encore le monument de la côte 1037, lieu d’un combat resté à jamais gravé dans les mémoires de ceux qui y participèrent le 5 mars 1951. Ce jour là, après plusieurs journées d’escalades épuisantes sur les pitons, sans avoir pris de repos, les Français se battirent par des températures avoisinants les moins trente degrés.

Salués par la population

La reconnaissance du peuple coréen est sans borne. Cette année 2008, du 7 au 12 décembre 2008, une trentaine d’Anciens ayant vécu ces événements étaient accompagnés de Jean-Marie BOCKEL et d’une délégation de députés et de présidents d’associations du monde combattant pour un séjour de quatre jours au Pays du matin calme.

Sur place les cérémonies étaient réglées tel un métronome par l’armée sud coréenne, aucune place n’étant laissée au hasard. La reconnaissance de ce peuple sortit de l’esclavage japonais en 1945 et délivré de l’asservissement communiste en 1953 est sans borne. Des associations coréennes entretiennent des liens d’amitié entre la population et les vétérans français qui sont reçus comme de véritables héros. Les cars transportant la délégation étaient ornés de banderoles précisant qu’ils véhiculaient des vétérans français de la Guerre de Corée. Ceux-ci étaient systématiquement salués par la population qui leurs adressait des grands signes amicaux. De son côté la délégation parlementaire, dirigée par le Secrétaire d’Etat, était reçue par le parlement sud coréen qui leur fit les honneurs de l’Assemblée.

Ambassadeur de la Paix

Au-delà des commémorations historiques, les rapports d’amitiés qu’entretiennent la France et la Corée du Sud permettent de développer les échanges commerciaux entre nos deux pays. La veille du départ, l’association des vétérans coréens organisa un grand banquet en l’honneur de leurs hôtes, anciens combattants et hommes politiques. Ce fut l’occasion pour six Anciens de se voir décerner la médaille d’Ambassadeur de la Paix, décoration décernée par la Korea Veterans Association qui dépend du ministère des Patriotes et des Anciens Combattants de la République de Corée. « Grâce à votre courage, vous avez permis à notre pays d’être libre et de connaître aujourd’hui un développement économique fulgurant.

Nous ne vous en remercierons jamais assez. » Ces paroles furent sans cesse répétées par les autorités coréennes à nos glorieux Anciens durant leur séjour. L’ombre du Petit Père des Peuples semblait planer sur cet aéroport du bout du monde…

Le lendemain soir, après une visite au musée de la Guerre de Séoul et un dîner à l’hôtel, vers minuit, l’avion qui devait ramener la délégation décolla d’Inchon pour Novosibirsk en Sibérie où il devait se ravitailler en carburant. Après six heures de vol l’avion atterrit sur l’aéroport russe à trois heures du matin (heure locale). Une heure plus tard, les passagers qui pensaient repartir apprenaient qu’une fuite de carburant d’un réservoir empêchait le décollage. Les passagers restèrent alors bloqués en Sibérie durant trente heures. Dans un premier temps ils durent se contenter du confort tout relatif du hall de transit. Les Anciens n’en étant pas à une campagne prés, ils acceptèrent avec bonne humeur cette campagne de Sibérie.

Des caméras derrière les portes

Spontanément un cœur se format et, en pleine nuit sibérienne, la délégation eut droit au répertoire des chants de l’armée française. Ambiance irréelle et combien émouvante. Jean-Marie BOCKEL quant à lui dû rejoindre rapidement la France mais profita d’une escale à Moscou pour faire intervenir l’ambassade de France afin de débloquer la situation des naufragés de Novosibirsk.

Sur place, seul le conseiller parlementaire du Secrétaire d’Etat tenta de convaincre les parlementaires d‘accepter les quelques chambres qui leurs étaient proposées mais ceux-ci refusèrent d’abandonner les Anciens à leur sort en hall de transit.

Finalement, grâce à l’intervention du Secrétaire d’Etat, le lendemain vers 16 heures des chambres d’hôtel en quantité suffisantes furent mises à la disposition de l’ensemble des passagers. Tous purent alors profiter d’une soirée dans un hôtel proche de l’aéroport sans toutefois pouvoir sortir, la porte étant sous la surveillance d’un garde frontière régulièrement relevé. De toute manière par – 25° dehors et aucune monnaie locale, le choix était restreint. Curieusement, l’hôtel ne disposait pas de lignes téléphoniques internationales, les réfrigérateurs des chambres étaient vides et au bar les serveuses rechignaient à accepter les euros, certains diront même avoir aperçu des caméras derrière les portes de la salle de restaurant…

L’ombre du Petit Père des Peuples semblait encore planer sur cet aéroport du bout du monde…

La fin du voyage se déroula sans encombre et les Anciens pouvaient rajouter la campagne de Sibérie à leurs journaux de marche.

Nicolas Désert

* Pour en savoir plus, lire « Le Bataillon français de l’ONU – Corée 1950-1953 » de Jean-François Pelletier aux Editions des Argonautes, 320 pages avec illustrations, 45 €.

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5 janvier 2009 - Retour au pays du matin calme
lien internet

« Des trois guerres auxquelles j’ai participé, la Corée fut la plus terrible », confie René Bordeneuve, vétéran Bataillon français de l’ONU (B.F.O.N.U) en Corée. « Si les livres d’histoire parlent encore de la guerre d’Indochine ou de la guerre d’Algérie, peu d’entre eux raconte l’implication de la France dans la guerre de Corée… » C’est pour se souvenir de cette guerre oubliée et rendre hommage à la mémoire de leurs camarades tombés lors de ce conflit, qu’une quarantaine d’anciens combattants du B.F.O.N.U se sont rendus au pays du matin calme début décembre 2008, en compagnie du secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, Jean-Marie Bockel.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la Corée est divisée en deux zones d’influence, de part et d’autre du 38ème parallèle. Au nord, un gouvernement communiste, au sud un gouvernement pro-occidental. Le 25 juin 1950, les troupes nord-coréennes, soutenues par la Chine, franchissent le 38° parallèle par surprise et s’empare de la capitale, Séoul. C’est le début de la guerre de Corée à laquelle prend part la France sous l’égide de l’ONU. 1 400 volontaires constituent le bataillon français. Arrivée à Pusan en Corée le 29 novembre 1950, les français sous placé sous le contrôle opérationnel de la 2ème division d’infanterie de l’armée des Etats-Unis.

Ces volontaires pour « combattre le totalitarisme et le communisme » dans ce pays lointain ont alors en moyenne une vingtaine d’année. « Je me suis engagé pour la Corée, car je voulais défendre les droits de l’homme », se souvient Robert Breuil. « Les Américains nous avaient libérés en 45. C’était notre rôle que d’aller délivrer les sud-coréens du totalitarisme », poursuit l’ancien combattant.

Les premiers temps, les français ont du faire leurs preuves auprès de leurs frères d’armes d’outre-Atlantique. « Quand nous sommes arrivés là-bas, les Américains se méfiaient de nous, à cause de la défaite de 40 », explique Gérard Journet, trois fois blessé en Corée. Puis il y eu la bataille de Wonju, où les Français, chargent baïonnette au canon et stoppent l’élan chinois. Cet épisode a un fort retentissement et les Français reconquièrent toute l’estime de leurs camarades américains.

Arrivés en plein hiver, les hommes du bataillon souffrent du froid. « Il faisait – 30°. Un caporal chef dont j’ai oublié le nom, avait perdu ses gants. A un moment, il a du reprendre sa mitrailleuse pour tirer. A son contact, en quelques minutes à peine, ses doigts ont gelés et sont restés collés à l’arme ! », se remémore Gérard Journet.

D’autres batailles suivent, toutes plus terribles et meurtrières les unes que les autres… Twins Tunnels, Chipyong-Ni, la cote 1037, Putchaetul, Crèvecoeur, T Bone, Arrow Head… En juin 1953, à la signature de l’Armistice, le bataillon compte 263 tués, 1 008 blessés, 7 portés disparus, dans les rangs français. Au fil des relèves successives, 3 200 français ont combattu en Corée.

Réunis à la cérémonie du monument d’« Arrow Head », les vétérans du B.F.ONU. laissent paraître leur émotion. En octobre 1952, c’est dans cette plaine qui ferme la route de Séoul, que l’armée chinoise lança sa dernière grande offensive. Le 6 octobre, c’est un déluge de feu qui s’abat sur les positions françaises. Plus de 25 000 obus en 24 heures. « Un orage d’acier s’est abattu sans répit sur nos positions. Ce jour-là, j’ai compris ce qu’avaient pu vivre les soldats de Verdun », se souvient Robert Breuil. « A bout de munitions, on s’est battu à l’arme blanche et à coup de pelle. Ces combats furent d’une violence inouïe et sanglante. La guerre ce n’est pas humain, c’est une barbarie. Mais on la fait quand même… ».

Face à la colline d’Arrow Head, Michel Oswald et Colon Garcia se remémorent cette terrible bataille. « A l’époque j’étais sergent, observateur de tir mortier. A Arrow Head, j’avais avec moi un petit gars qui servait de radio. Aujourd’hui, un demi-siècle plus tard, mon radio le voilà » dit-il en désignant Colon Garcia. « C’est la même équipe qui revient presque au complet sur le terrain 54 ans après. C’est extraordinaire ! ».

Lors de cette cérémonie au monument d’ « Arrow Head », Jean-Marie Bockel a tenu à rendre hommage « au courage des hommes qui prirent part aux combats de la guerre de Corée et de rendre justice à leur engagement. »

Les autorités coréennes ont quant à elles exprimé leur plus profond respects au Bataillon français de Corée. « Nous n’oublierons jamais votre sacrifice, c’est grâce à votre courage que la Corée est devenue un pays libre et connaît aujourd’hui paix et prospérité. Nous ne vous remercierons jamais assez ».

17 décembre 2008 - Des anciens de Corée reviennent sur les pas de leur "épopée"
Photo 1 Photo 2 (Article dans La Croix)